Note : Cette publication s’inscrit dans la continuité de mon exposition intitulée Émaux à Base de Roches : Développer un langage géologique de matériaux alternatifs en céramique. L’objectif est de rassembler toutes mes publications précédentes en un seul document, plus ou moins cohérent, offrant à la fois un accès facile à l’information et des détails plus approfondis.
Quartz avec Chrysocolle
Comme pour toutes les publications précédentes de cette série sur les glaçures rupestres, la structure de cet article est la suivante : un aperçu des composants minéralogiques de la roche, suivi de photographies de la roche broyée à différents stades de la cuisson, d’images des glaçures fabriquées en utilisant la roche comme ingrédient principal et, enfin, d’une présentation de deux pots de lune qui mettent en valeur deux des glaçures obtenues.
L’étape de broyage
Dans son état naturel, c’est probablement l’une de mes roches préférées de la série avec son bleu-vert vibrant. Pour broyer cette roche, j’ai utilisé certains des outils énumérés dans l’article de blog précédent : Outils de transformation des roches en poudre fine pour les émaux en céramique : une introduction.
Composition minérale et considérations relatives à la fabrication des émaux
Note : En l’absence d’analyse XRF, je me suis fié aux compétences d’observation d’un ami, ainsi qu’à des tests de dureté et de fusion, pour étayer certaines des compositions minérales supposées de la roche. Même aujourd’hui, je ne peux pas affirmer avec une certitude totale que tout ce qui est détaillé ci-dessous est exact, mais ces résultats offrent un point de départ solide.
Le quartz avec chrysocolle contient :
- Quartz (Silice)
- Chrysocolla (Cuivre)
- Calcite (Carbonate de calcium)
D’après les tests précédents, il m’est encore difficile de prédire si une roche va fondre ou non. Tout ce que je savais, avec cette roche, c’était le potentiel du cuivre. Bien qu’à l’état brut, je ne m’attende pas à des couleurs typiques de l’oxyde de cuivre, je pense qu’il a un fort potentiel pour créer une palette de couleurs vertes dans les glaçures.
La température de cuisson et ses effets
Je commence tous mes essais avec une série de tests de fusion pour observer comment la roche se comporte par elle-même. Cette étape initiale avait deux objectifs importants : d’une part, elle permettait d’acquérir une compréhension générale du comportement du matériau à haute température (comment il fond, s’écoule et quel type de palette de couleurs il peut produire) ; d’autre part, il s’agissait d’un essai contrôle pour confirmer que la roche ne risquait pas d’éclabousser, de faire des bulles excessives ou de trop fondre dans le four. J’encourage toute personne travaillant avec des matériaux bruts ou peu familiers à effectuer des tests similaires. Si vous décidez d’essayer vous-même, je vous recommande d’utiliser de petits bols en céramique ou des récipients aux parois surélevées plutôt que des tuiles plates pour protéger les étagères de votre four au cas où le matériau deviendrait trop fluide.
De plus, j’ai ajouté 5 % du poids de l’argile sous forme de chamotte et de poudre pour voir l’effet de la roche en tant qu’additif à l’argile.
Les photos ci-dessous montrent la roche utilisée sous forme de chamotte (c.-à-d. des particules relativement grossières), passant de l’état brut à la cuisson au bisque (cône 04), et enfin à la cuisson à la glaçure (cône 6). Au dernier stade, l’échantillon n’est pas du tout fondu, ce qui lui donne un aspect granuleux. La présence de cuivre est principalement confirmée par l’effet de fumage noir que l’on observe sur le carreau.



La deuxième série de photographies montre la roche sous forme de poudre (40 mesh et plus fin), en suivant la même séquence : crue, cuite au bisque (cône 04) et cuite à la glaçure (cône 6). Comme dans le cas du test utilisant la forme grog, cet échantillon ne montre aucun signe de fusion et ressemble plutôt à du charbon.



Enfin, comme je l’ai déjà mentionné, j’ai également ajouté un peu de grog dans l’un de mes corps en argile. Les images ci-dessous suivent le même ordre de cuisson que les précédentes. Après la dernière cuisson, on peut voir des taches assez sombres avec des signes de fumage, ce qui pourrait confirmer la présence de cuivre.



Recettes des émaux
Étant donné le grand nombre d’échantillons de roche avec lesquels je travaillais, j’ai choisi de m’éloigner des méthodes d’essai traditionnelles telles que les mélanges linéaires ou les mélanges triaxiaux. Au lieu de cela, j’ai mis au point une recette de base cohérente pour tous mes essais de glaçure : 85 % de roche broyée, 10 % de fondant et 5 % d’argile. Cette approche a permis de rationaliser le processus tout en offrant des informations utiles sur l’influence des différents ingrédients sur le résultat. Pour l’argile, j’ai expérimenté le kaolin EP (EPK) et le Redart (R), tandis que les fondants testés comprenaient le borate de Gerstley (GB), la dolomite (D), le carbonate de calcium Whiting (W), l’oxyde de zinc (Z), la syénite néphélinique (NS) et le carbonate de soude (SA). Bien que la variation des ratios d’ingrédients aurait pu produire une plus grande variété de surfaces de glaçure, le maintien d’une formule fixe a permis d’isoler le rôle joué par chaque fondant et argile dans la formation des résultats finaux.
Tous les émaux ont été testés sur différents types d’argile, en particulier PSH 519, Tucker’s Mid Cal 5 et PSH 540i. Dans la section suivante, j’ai inclus une sélection de carreaux testés qui représentent les résultats clés, plutôt que de présenter le lot complet.
Les émaux avec du quartz chrysocolle : vue d’ensemble
Les émaux produits à l’aide d’un quartz avec chrysocolle ont donné des résultats intéressants. Le borate de Gerstley et le carbonate de calcium (W) sont les deux principaux fondants qui ont généré des verts plus éclatants, tandis que la dolomite, la syénite néphélinique et le carbonate de soude ont produit des nuances de noir plus sombres. L’oxyde de zinc diverge un peu par sa couleur plus claire et plus blanche.
Émaux avec EPK sur PSH 540i


Émaux avec Redart sur PSH 519


Vous trouverez ci-dessous une courte série de vidéos (enregistrées au début de l’année 2024 et d’une durée d’environ une minute chacune) partageant mes réflexions sur place à propos de chacun d’entre eux, y compris le test de fonte brute.
Les émaux avec du quartz de chrysocolle : un regard de près







Aller au-delà des tests
Chaque roche de ce projet fut accompagnée de deux jarres de lune pour présenter certaines des glaçures produites.
Jarre de lune [É23D – 1]
Jarre de lune [É23D – 2]
Merci 🙂


















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