Note : Cette publication s’inscrit dans la continuité de mon exposition intitulée Émaux à Base de Roches : Développer un langage géologique de matériaux alternatifs en céramique. L’objectif est de rassembler toutes mes publications précédentes en un seul document, plus ou moins cohérent, offrant à la fois un accès facile à l’information et des détails plus approfondis
Béton
Comme pour toutes les publications précédentes de cette série sur les glaçures rupestres, la structure de cet article est la suivante : un aperçu des composants minéralogiques de la roche, suivi de photographies de la roche broyée à différents stades de la cuisson, d’images des glaçures fabriquées en utilisant la roche comme ingrédient principal et, enfin, d’une présentation de deux pots de lune qui mettent en valeur deux des glaçures obtenues.
L’étape de broyage
Ce morceau de béton provient d’un chantier de construction à Ottawa. Pour le broyer, j’ai utilisé certains des outils mentionnés dans l’article précédent : Outils de transformation des roches en poudre fine pour les émaux en céramique : une introduction.
Composition minérale et considérations relatives à la fabrication des émaux
Note : En l’absence d’analyse XRF, je me suis fié aux compétences d’observation d’un ami, ainsi qu’à des tests de dureté et de fusion, pour étayer certaines des compositions minérales supposées de la roche. Même aujourd’hui, je ne peux pas affirmer avec une certitude totale que tout ce qui est détaillé ci-dessous est exact, mais ces résultats offrent un point de départ solide.
Le béton est généralement composé de :
- Ciment (oxyde de calcium, silice, alumine, traces de fer)
- Divers agrégats (tels que le granit et le basalte)
En me basant uniquement sur les ingrédients, je n’étais pas sûr qu’il puisse fondre tout seul.
La température de cuisson et ses effets
J’ai commencé les expériences en effectuant une série de tests de fusion afin d’observer le comportement de la roche à l’état pur. Cette étape préliminaire avait deux objectifs principaux : elle m’a permis d’acquérir une compréhension de base du matériau à haute température (fusion, caractéristiques d’écoulement et gamme de couleurs potentielle) et m’a également permis de confirmer que la roche ne risquait pas d’éclabousser ou de fondre excessivement dans le four. Je recommande vivement cette étape à tous ceux qui travaillent avec des matériaux bruts ou non testés. Si vous le faites, il est préférable d’utiliser de petits bols en céramique plutôt que les carreaux plats que j’ai utilisés ici (j’ai simplement eu la chance qu’aucun incident ne se produise pendant ce projet).
De plus, j’ai ajouté 5 % du poids de l’argile sous forme de chamotte et de poudre pour voir l’effet de la roche en tant qu’additif à l’argile.
Les photos ci-dessous montrent la roche utilisée sous forme de chamotte (c.-à-d. des particules relativement grossières), passant de l’état brut à la cuisson au bisque (cône 04), et enfin à la cuisson à la glaçure (cône 6). Au stade final, l’échantillon reste non fondu. Il présente diverses éclats de couleur et sa texture est extrêmement rugueuse.



La deuxième série de photographies montre la roche sous forme de poudre (40 mesh et plus fin), en suivant la même séquence : crue, cuite au bisque (cône 04) et cuite à la glaçure (cône 6). Le carreau obtenu est similaire au grog, mais sans les éclats de couleurs.



Enfin, comme je l’ai déjà mentionné, j’ai également ajouté un peu de grog dans l’un de mes corps en argile. Les images ci-dessous suivent le même ordre de cuisson que les précédentes.



Recettes des émaux
Comme je travaillais avec une quantité importante d’échantillons de roches, j’ai choisi de ne pas utiliser les méthodes standard telles que les mélanges linéaires ou les mélanges triaxiaux. J’ai plutôt établi une formule de base unique pour tous les tests de glaçure : 85% de roche broyée, 10% de fondant et 5% d’argile. Cela a permis de maintenir l’efficacité du processus tout en offrant des comparaisons utiles entre les matériaux. Pour la partie argile, j’ai utilisé à la fois du kaolin EP (EPK) et du Redart (R). Les fondants testés comprenaient le borate de Gerstley (GB), la dolomite (D), le carbonate de calcium (W), l’oxyde de zinc (Z), la syénite néphélinique (NS) et le carbonate de sodium (SA). Bien que l’ajustement des proportions aurait pu produire une plus grande variété de surfaces, le fait de conserver la même recette a permis d’identifier plus facilement l’influence spécifique de chaque fondant et de chaque argile sur le vernis final.
Tous les émaux ont été testés sur différents types d’argile, en particulier PSH 519, Tucker’s Mid Cal 5 et PSH 540i. Dans la section suivante, j’ai inclus une sélection de carreaux testés qui représentent les résultats clés, plutôt que de présenter le lot complet.
Les émaux de béton : vue d’ensemble
Les glaçures produites à partir du béton ont donné des résultats surprenants. Alors que la majorité des glaçures sur les corps en argile blanche et brune sont restées non fondues (à l’exception du borate de Gerstley), celles sur le corps en argile noire (PSH 540i) ont complètement fondu au point de presque s’écouler de la tuile d’essai. Les couleurs produites sur ce corps en argile me rappellent les glaçures de cendre avec leurs nuances variées de bleu, de jaune et de rouge.
Émaux avec Redart sur PSH 540i


Émaux avec Redart sur PSH 519


Vous trouverez ci-dessous une courte série de vidéos (enregistrées début 2024 et d’une durée d’environ une minute chacune) dans lesquelles je partage mes impressions.
Les émaux de béton : un regard de près







Aller au-delà des tests
Chaque roche de ce projet fut accompagnée de deux jarres de lune pour présenter certaines des glaçures produites.
Jarre de lune [É23L – 1]
Jarre de lune [É23L – 2]
Merci pour votre intérêt !
















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